Le Soleil, la Lune et Corbeau Voronovitch
Il était une fois un vieux et une vieille qui avaient trois filles. Le vieux alla chercher des grains concassés au grenier. Il les prit et les rapporta chez…
Il était une fois un vieux et une vieille qui avaient trois filles. Le vieux alla chercher des grains concassés au grenier. Il les prit et les rapporta chez lui, mais le sac avait un trou, et les grains ne cessaient de s’en échapper. Il arriva à la maison, et la vieille demanda :
« Où sont les grains ? » Mais ils s’étaient tous répandus en chemin.
Le vieux retourna les ramasser et dit :
« Si seulement le Soleil me réchauffait, si seulement la Lune m’éclairait, si seulement Corbeau Voronovitch m’aidait à ramasser les grains ! Je donnerais ma fille aînée pour épouse au Soleil, la cadette à la Lune et la benjamine à Corbeau Voronovitch ! »
Le vieux se mit à ramasser les grains. Le Soleil le réchauffa, la Lune l’éclaira et Corbeau Voronovitch l’aida à les ramasser. Le vieux rentra chez lui et dit à sa fille aînée :
« Habille-toi joliment et sors sur le perron. »
Elle s’habilla, sortit sur le perron, et le Soleil l’emporta. Il ordonna aussi à sa deuxième fille de bien s’habiller et de sortir sur le perron. Elle s’habilla et sortit ; la Lune saisit la deuxième fille et l’emporta. Puis il dit à la plus jeune :
« Habille-toi joliment et sors sur le perron. »
Elle s’habilla et sortit sur le perron ; Corbeau Voronovitch la saisit et l’emporta.
Alors le vieux dit :
« Si j’allais rendre visite à mon gendre ? »
Il partit chez le Soleil et arriva à sa demeure. Le Soleil demanda :
« Que puis-je t’offrir à manger ? »
« Je ne veux rien. »
Le Soleil dit à sa femme de préparer de petites crêpes épaisses. Elle les prépara. Le Soleil s’assit au milieu du plancher, sa femme posa la poêle sur lui, et les crêpes furent cuites. Ils donnèrent à manger au vieux. Rentré chez lui, le vieux ordonna à la vieille de préparer des crêpes, s’assit par terre et lui dit de poser sur lui la poêle avec les crêpes.
« Comment veux-tu qu’elles cuisent sur toi ? » dit la vieille.
« Ne t’en fais pas, dit-il. Pose-les, elles cuiront. »
Elle posa donc la poêle sur lui. Mais les crêpes avaient beau rester là, elles ne cuisaient pas du tout : elles ne faisaient que tourner à l’aigre. Il fallut bien que la vieille mette la poêle au four. Les crêpes furent cuites, et le vieux mangea à sa faim.
Le lendemain, le vieux alla rendre visite à son autre gendre, la Lune. Il arriva, et la Lune demanda :
« Que puis-je t’offrir à manger ? »
« Je ne veux rien », répondit le vieux.
La Lune chauffa les bains pour lui. Le vieux dit :
« Il va sans doute faire noir dans les bains ! »
Mais la Lune lui répondit :
« Non, il y fera clair. Vas-y. »
Le vieux entra dans les bains. La Lune glissa son petit doigt dans un petit trou, et l’intérieur devint tout lumineux. Le vieux prit son bain de vapeur, rentra chez lui et ordonna à la vieille de chauffer leurs bains pendant la nuit. Elle les chauffa, et il l’y envoya se baigner. La vieille dit :
« Il fait trop noir pour se baigner ! »
« Vas-y, il fera clair ! »
La vieille entra. Le vieux avait vu comment la Lune l’avait éclairé et voulut en faire autant : il perça un trou dans la paroi des bains et y enfonça son doigt. Mais il n’y avait pas la moindre lumière à l’intérieur ! La vieille ne cessait de lui crier :
« Il fait noir ! »
Il fallut bien qu’elle aille chercher des éclats de bois allumés, puis elle prit son bain de vapeur.
Le troisième jour, le vieux alla chez Corbeau Voronovitch et arriva à sa demeure.
« Que puis-je donc t’offrir à manger ? » demanda Corbeau Voronovitch.
« Je ne veux rien », dit le vieux.
« Eh bien, allons au moins dormir sur les perchoirs. »
Corbeau dressa une échelle et y monta avec le vieux. Corbeau Voronovitch l’installa sous son aile. Dès que le vieux s’endormit, ils tombèrent tous les deux et moururent.