Le langage des oiseaux
Dans la maison d'un marchand grandissait un garçon intelligent nommé Vassili. Il aimait écouter les oiseaux et, un jour, il comprit le chant d'un rossignol posé…
Dans la maison d'un marchand grandissait un garçon intelligent nommé Vassili. Il aimait écouter les oiseaux et, un jour, il comprit le chant d'un rossignol posé sur une branche près de la fenêtre. L'oiseau chantait qu'un jour le père de Vassili lui apporterait de l'eau et sa mère, une serviette. Ses parents furent surpris, mais Vassili expliqua qu'il ne s'agissait pas de le servir, mais de joyeuses retrouvailles après une longue séparation.
Quelques années plus tard, Vassili partit apprendre la navigation à bord du navire d'un capitaine qu'il connaissait, tandis que le rossignol le suivait le long de la côte. Un jour, son trille inquiet annonça l'approche d'un grain. L'équipage se mit à l'abri dans une baie calme près d'une île verte, renforça le mât et replia les voiles pendant que le vent passait sur la mer.
Dans la ville de Khvalynsk, un corbeau, sa compagne et leur jeune oisillon se disputaient bruyamment devant les fenêtres du palais. Les gardes ne comprenaient pas la cause de ce tumulte, et le souverain demanda à Vassili d'écouter. Le jeune homme apprit que les parents décidaient qui enseignerait au petit à voler et à chercher sa nourriture. Sur son conseil, le père montra à leur fils les routes lointaines, la mère lui enseigna les chemins sûrs, puis toute la famille s'envola paisiblement ensemble.
Le souverain remercia Vassili et l'invita à aider la ville à comprendre les oiseaux de la forêt et de la mer. Avec une jeune jardinière du palais, il aménagea des jardins, des abreuvoirs et de hauts nichoirs. Les rossignols avertissaient les jardiniers des nuits froides, les mouettes aidaient les marins à remarquer les changements de vent et les corbeaux retrouvaient les objets perdus sur la route. Khvalynsk devint plus calme et plus verte.
Un jour, Vassili retourna dans sa ville natale et s'arrêta devant une maison dont le maître apporta une cruche à son visiteur et la maîtresse, une serviette. Il reconnut aussitôt ses parents ; tous trois s'embrassèrent et se rappelèrent l'ancienne chanson. Vassili mit lui-même la table, leur servit du thé et raconta son voyage. Dès lors, la famille se rendit souvent à Khvalynsk, tandis que le rossignol chantait près de la fenêtre ouverte l'attention que l'on se porte les uns aux autres.